Étude · Réponse Gagnante · Données DECP

Un marché public sur quatre ne reçoit qu’une seule offre.

Sur 542 834 marchés attribués en France dont on connaît le nombre de candidats, 136 302 n’ont eu qu’une seule entreprise en face. Et plus le marché est petit (le terrain des artisans et des petites entreprises), plus c’est vrai.

25,1 %
des marchés ne reçoivent qu’une offre, soit un sur quatre.
28,3 %
en dessous de 100 000 €, là où se jouent les marchés des petites entreprises.
~50 000
marchés par an partent à un seul candidat, près de 150 chaque jour.

Le constat

La concurrence que tout le monde imagine n’existe pas partout.

On imagine les marchés publics comme une bataille : des dizaines de dossiers, des grands groupes, une partie perdue d’avance pour une petite entreprise. Les chiffres disent autre chose. Sur tous les marchés attribués en France dont on connaît le nombre de candidats, un quart n’ont attiré qu’une seule entreprise, souvent celle qui faisait déjà le travail, reconduite faute d’autre candidat.

Autrement dit : pour ces marchés, le seul fait de déposer une offre, c’était déjà être finaliste. La difficulté n’était pas de gagner face à vingt concurrents. Elle était de savoir que le marché existait, et d’y répondre.

Par montant

Plus le marché est petit, moins il y a de concurrence.

Le phénomène n’est pas uniforme. Il s’accentue à mesure que les montants baissent, c’est-à-dire précisément sur le terrain accessible aux petites entreprises. Sous 25 000 €, près de trois marchés sur dix ne reçoivent qu’une offre.

Part des marchés ne recevant qu’une seule offre, par tranche de montant (échelle de 0 à 30 %). Lecture : sous 25 000 €, 29,4 % des marchés n’ont eu qu’un candidat.

Par secteur

Certains métiers sont des terrains presque ouverts.

D’un métier à l’autre, l’écart est énorme. Là où le bâtiment et les bureaux d’études restent très disputés (moins de 20 % de marchés à une seule offre), d’autres domaines voient la plupart de leurs marchés se jouer sans vraie concurrence.

Part des marchés à une seule offre, par grande famille de métiers (secteurs de plus de 3 000 marchés ; échelle de 0 à 70 %). À l’autre bout : les bureaux d’études (19,8 %) et le bâtiment restent les plus disputés.

Dans le temps

Un phénomène stable, pas un accident.

Année après année, la proportion tient entre 23 % et 28 %. Ce n’est pas l’effet d’une crise ni d’une année creuse : c’est une réalité de fond des marchés publics en France.

23,5
2020
24,8
2021
28,2
2022
28,5
2023
26,0
2024
24,6
2025
22,9
2026*

* 2026 : année incomplète. Les années récentes pèsent le plus dans le total (195 705 marchés attribués en 2024, 219 819 en 2025).

La vraie erreur n’est pas de répondre et de perdre. C’est de ne pas répondre.

Pour une petite entreprise, la leçon de ces chiffres n’est pas « les marchés publics, c’est imprenable ». C’est l’inverse : une énorme partie des marchés n’attend presque personne, à condition de les repérer à temps, dans son métier et près de chez soi, et d’envoyer un dossier. C’est exactement le renseignement que nous mettons entre les mains des artisans et des petites entreprises.

Méthodologie

Source
Les données publiques et gratuites sur les marchés publics français (appelées DECP), publiées par l’État.
Ce qu’on a compté
542 834 marchés attribués pour lesquels on connaît le nombre d’entreprises qui ont répondu (au moins une).
Ce que veut dire « une seule offre »
Une seule entreprise a répondu au marché.
Période
Des marchés attribués récemment, surtout entre 2024 et 2026. La proportion reste stable sur les années où il y a beaucoup de marchés.
À noter
Les marchés dont le nombre de candidats n’est pas publié ne sont pas comptés. Les tranches de montant ne portent que sur les marchés dont le prix est indiqué.

Voir les marchés ouverts dans votre métier.

Réponse Gagnante, c’est un moteur de renseignement sur les marchés publics français : quels contrats arrivent bientôt à leur fin, à quel prix, avec combien de candidats d’habitude, pour répondre là où vous pouvez gagner.

Tester mon créneau gratuitement

D’après les données publiques de l’État français (DECP). Chiffres arrêtés en août 2026.